Dojo zen de Saint-Denis de la Réunion

  Pratique de la méditation zen

Questions à un maître zen

Mondo avec Maître Deshimaru

Questions de disciples et réponses de Maître Deshimaru

Deshimaru
La voix du milieu
L'être humain
Le karma
Illusions, attachement, souffrance
Aider les autres
Le bien et le mal
La mort
La conscience
L'impermanence, ici et maintenant  
Satori
La civilisation moderne
La vie quotidienne
Zen et christanisme
Dialogue avec les moines chrétiens
Faire zazen
La posture
La tradition

 

La conscience

Question :

Quelle est la différence entre subconscient et inconscient?

Réponse :

Dans le bouddhisme, il y a six sortes de conscience, comme Alaya, Mana... La conscience Mana correspond à peu près à l'inconscient collectif de Jung. Mais Jung ne pratiquait pas le zazen, aussi ne connaissait-il pas la conscience Hishiryo. Il ne connaissait par expérience que la conscience du frontal et un peu la conscience du cerveau primitif, aussi n'a-t-il pas pu aller très loin. Il n'a pas pratiqué de véritable méditation, et il n'a pu qu'étudier les autres objectivement. Et finalement tout cela ne devint que pensées...Le Zen Rinzaï et l'inconscient collectif ont beaucoup de rapports. Nietzsche est devenu fou, Van Gogh aussi... Ils cherchaient trop la pureté, l'absolu, Dieu, la vraie vérité et à la fin ils sont devenus fous! Il peut arriver la même chose avec la pratique de la concentration sur les koans dans le Rinzaï, mais là un maître vous guide et empêche les erreurs. Si vous avez un vrai maître pour vous guider, vous pouvez comprendre et vous éveiller.Le maître dit au disciple «Vous devez sortir d'ici !... Non non, pas par la porte! » Alors le disciple se tourne vers la fenêtre. « Non, pas par la fenêtre !... — « Alors par où dois-je sortir? » — « Sortez! (Maître Deshimaru pointe son doigt vers le ciel et rit.) Vous ne pouvez partir par cette voie, ni par celle-là, ni par le sommet, ni par la base, ni par le sud, ni par l'ouest... » Et le maître éveille le disciple à la compréhension...Mais avec la philosophie, c'est très difficile. Les philosophes finissent parfois par devenir fous parce qu'ils n'utilisent que le cerveau frontal. Or, nous pouvons penser avec le corps, penser infiniment... Mais il ne faut pas faire de catégories!Dans le Shodoka, il est écrit qu'il n'est pas nécessaire de rechercher la Vérité ni de couper les illusions. Je dis toujours : pendant zazen, ne courez pas après quelque chose, ne fuyez pas les illusions. Il n'est pas nécessaire de se dire: «Je ne dois pas penser », car c'est encore penser! Vous devez être naturel, laisser le subconscient s'élever... Vous devez à un moment lâcher prise, vous laisser tomber complètement, comme au fond de l'eau, puis remonter et vous laisser flotter.Mais les gens névrosés sont toujours anxieux. Ils sont semblables à une personne qui ne sait pas nager et qui tombe dans l'eau. Elle commence à couler, s'angoisse et se dit : «Je ne dois pas couler, je ne dois pas couler », elle avale de plus en plus d'eau... et pour finir se noie. Mais si cette personne abandonne ses pensées et se laisse aller au fond, son corps refera surface naturellement... C'est le zen.Si vous souffrez en zazen, vous devez continuer tout droit, jusqu'à la fin. Si vous souffrez, vous abandonnez votre ego et vous obtenez le satori, inconsciemment, naturellement, automatiquement...

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Question :

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par aller jusqu'au fond?

Réponse :

Quand, dans l'eau, vous coulez et qu'à ce moment-là vous abandonnez toute idée de vie et de mort, que vous abandonnez votre ego complètement, alors votre être se concentre profondément sur l'expiration et vous refaites surface. C'est le même état d'esprit qu'en zazen.Un moine sur un bateau fut pris dans une tempête et dans son affolement, instinctivement, il se mit à faire zazen, acceptant de mourir et de se laisser couler jusqu'au fond de l'océan. Concentré naturellement sur sa respiration, il se laissa couler et il remonta à la surface naturellement. Et cela dura jusqu'à ce qu'il atteigne le rivage, au rythme de l'inspiration et de l'expiration.Un autre homme, frappé par une crise d'épilepsie tomba dans une rivière en traversant un pont. Plus tard, il se réveilla couché sur la berge. Il comprit alors que la crise d'épilepsie qui avait causé sa chute l'avait en même temps sauvé, lui évitant la frayeur de la noyade...

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Question :

Quand je me réveille, je me rappelle toujours mes rêves. Dois-je y attacher de l'importance ou non?

Réponse :

Vous vous rappelez vos rêves parce que votre cerveau est fatigué. Tout le monde rêve. Le corps dort mais l'esprit reste éveillé et rêve. Si votre cerveau est en bonne santé, vous oubliez vos rêves au réveil. Dans le demi-sommeil aussi vous faites des rêves dont l'impression demeure au réveil. Certains veulent poursuivre leurs rêves et se lèvent fatigués. Il faut oublier, laisser passer, ne pas poursuivre le souvenir des rêves.

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Question :

Analyser ses rêves ne change rien?

Réponse :

Ce n'est pas nécessaire.

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Question :

Les rêves n'ont donc pas de valeur?

Réponse :

Ils vous rendent compliqué : les chocs et les impressions de la vie quotidienne apparaissent, le karma de votre cerveau et les chocs enregistrés par vos neurones surgissent. Zazen, de même, fait apparaître votre subconscient, vos illusions mais dans des conditions toutes différentes.Quand on rêve, on ne sait pas qu'on rêve. Prenons l'exemple fameux dans le zen de quelqu'un rêvant qu'il se promène un soir d'hiver, dans la rue. Il aperçoit tout à coup sur le sol une bourse pleine de pièces. Il veut la saisir mais elle est prise dans la glace. Que faire? Il urine sur la glace pour la faire fondre et se saisit de la bourse à pleines mains. Mais aïe! ça fait mal, pourquoi? C'est alors que l'homme s'éveille; à la place du ciel étoilé, il voit le plafond de sa chambre, ses testicules enserrés dans ses mains lui font mal et le lit est trempé!C'est la seule chose réelle du rêve... Quand on rêve, on ne sait plus où est la réalité. Pendant zazen, c'est facile de le savoir. On peut voir ses illusions et son karma, objectivement. Dans le rêve, tout vient pêle-mêle: les frayeurs, les chocs, le passé, les impressions. Pendant zazen, on peut contempler comme dans un miroir tout ce qui remonte du subconscient, se dire que tel ou tel désir n est pas important... On n'a plus peur et on peut s'observer soi-même. Ce n'est pas la même chose que le rêve. Il ne faut pas s'attacher au souvenir des rêves.Pendant zazen, il ne faut pas s'attacher aux pensées, courir après les illusions, mais il faut laisser passer. Le germe d'une pensée s'élève, puis une autre s'ensuit... laissez passer.Après zazen on se sent le cerveau clair, reposé. Les rêves jouent le même rôle mais il n'est pas besoin d'essayer de se les rappeler. Il vaut mieux les oublier.

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Question :

Que pensez-vous des rêves prémonitoires?

Réponse :

Ils font partie du monde métaphysique. On ne peut nier la relation avec ce monde. Si vous avez la foi, vous pouvez communiquer avec le monde métaphysique. Si votre pensée se concentre fortement sur certains objets, cette pensée créera des germes de karma dans les neurones et par conséquent vous influencera vous et votre environnement.

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Question :

Qu'en est-il des pouvoirs magiques?

Réponse :

Les pouvoirs magiques ne sont pas si difficiles à obtenir. Mais dans le zen, on n'y attache pas d'importance. Certaines religions sont toujours à la recherche de pouvoirs magiques mais alors ce ne sont pas de vraies religions... Les pouvoirs magiques peuvent être utilisés en certaines occasions spéciales, je peux en utiliser. Mais le zen n'a pas pour but d'obtenir quoi que ce soit...Si vous allez à l'extrême dans votre pratique de zazen, jour et nuit, dans une grotte dans la montagne sans manger et en ne buvant que de l'eau pendant plusieurs mois, vous obtiendrez certainement des pouvoirs magiques. Mais ils ne dureront qu'un court moment. Dès que vous aurez bu un verre de saké, ils disparaîtront complètement...Vouloir obtenir des pouvoirs est un désir égoïste, petit, et finalement sans importance. Cela revient à vouloir devenir comme un prestidigitateur ou comme un artiste de cirque! Mais la religion n'est pas un cirque.

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Question :

On a souvent des pensées involontaires pendant zazen, on voudrait ne pas penser à quelque chose, mais cela revient.

Réponse :

C'est le subconscient, l'inconscient collectif. C'est comme un rêve, une illusion. Pendant zazen, on ne se sert pas du cerveau frontal, mais ce n'est pas la peine de vouloir stopper ces pensées inconscientes, car l'activité du thalamus apparaît alors automatiquement. Jung disait que si on découvrait un moyen de révéler l'inconscient, ce serait une découverte des plus importantes. Par zazen, c'est possible...Les psychanalystes cherchent toujours dans les rêves. Pendant zazen, on peut devenir complètement intime avec soi-même, se voir et se connaître soi-même, objectivement.

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Question :

Qu'est-ce que la conscience naturelle, la conscience du corps?

Réponse :

C'est la bio conscience. Moi, je dis conscience du corps, les scientifiques disent bio conscience Ceci explique que l'on peut penser avec le corps. D'habitude, on n'utilise que le côté gauche du cerveau pour penser; mais si l'on se concentre suffisamment sur la posture et la respiration, l'ensemble du corps peut commencer à penser.Selon le Dr Chaudard, chaque cellule a une âme, donc nous ne pensons pas uniquement avec le cerveau. Pendant zazen, la conscience du cerveau gauche se ralentit et l'âme des cellules reçoit la conscience cosmique. C'est cela que je veux dire quand je parle de conscience du corps, de bio conscience. Le cerveau droit, siège de l'intuition et de l'instinct est très affaibli de nos jours. Nous nous reconnectons avec lui en zazen.Lorsqu'une mouche sent le danger, elle s'envole. Cette forme de sensation est la conscience du corps mais, chez la plupart des gens, elle est faible et nous ne pouvons plus comprendre le danger.

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Question :

On parle beaucoup de travail (samu) dans le zen. Est-ce que le travail intellectuel est considéré comme tel?

Réponse :

Si on ne travaille pas manuellement, on devient trop intellectuel. Les professeurs sont trop intelligents et ils deviennent un peu fous.La Sagesse n'est pas seulement une affaire de cerveau frontal. La véritable Sagesse naît du thalamus et de l'hypothalamus. Quand ils sont forts, on possède une grande Sagesse. Même si on lit beaucoup d'ouvrages philosophiques, c'est le cerveau frontal uniquement qui travaille, alors que le cerveau primitif s'affaiblit. Il y a déséquilibre entre les deux et on devient fatigué, névrosé et même fou. La mémoire devient de plus en plus faible et bien que le cerveau frontal se soit développé par les livres, il est fatigué et quand on vieillit, on perd sa mémoire.Mais par l'hypothalamus, les choses se gravent dans le cerveau. Seule, l'essence demeure dans le subconscient et, par zazen, revient. Pas les pensées sexuelles, pas les pensées agréables, mais les choses qui m'ont profondément impressionné dans mon corps, tout cela revient par zazen.Les sutras, les conférences de mon Maître, toutes les choses importantes ont marqué, non ma mémoire, mais mon thalamus grâce au subconscient.J'avais par contre beaucoup souffert pour emmagasiner du savoir pour les examens, mais j'ai tout oublié.Pendant zazen, quand je parle, tous les mots pénètrent dans vos thalamus, et deviennent des graines qui pousseront dans cinq, dix ou vingt ans cela deviendra Sagesse. Telle est la psychologie la plus haute.

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Question :

Qu'est-ce que « mushin»?

Réponse :

Mushin: non-pensée. Le professeur Suzuki a beaucoup écrit sur mushin. C'est « non-pensée », «inconsciemment», «mental sans pensée, non-pensée ». C'est l'essence du zen. Quand vous faites quelque chose, quand vous voulez quelque chose dans la vie courante; si vous le faites consciemment, vous n'êtes pas mushin. Si cela passe par la pensée, ce n'est pas zen. C'est pourquoi l'entraînement à la pratique par les muscles et le corps est très important. Pour parler aussi, c'est important. La plupart des gens parlent après que le cerveau en a donné l'ordre. Mais si vous devenez mushin, hishiryo, inconsciemment, vous pouvez le faire sans pensée.Par exemple, dans un mondo, si vous posez une question à un professeur, il doit penser avant de répondre. Mais le moine zen répond sans penser, inconsciemment. C'est pourquoi un mondo zen est important. Bien sûr, je pense à votre question, mais j'y réponds inconsciemment. Ce n'est pas possible dans l'éducation moderne et c'est pourquoi l'éducation zen s'avère si importante.Il en est de même pour l'action. Le cerveau pense et après on agit. Ce n'est pas mushin. Mushin, c'est le corps qui pense. Si vous comprenez cela, vous pouvez comprendre le zen. La plupart des histoires zen sont sur mushin. Sagesse et connaissance intellectuelle ne sont pas la même chose. Dans la vie quotidienne, dans les conversations, la plupart des gens répondent en pensant d'abord. Les gens très intelligents utilisent la Sagesse et ne pensent pas. Ils parlent et répondent par intuition. La connaissance est une chose différente. Avec l'habitude, on ne répond pas par le cerveau. Par zazen, on peut comprendre comment parler inconsciemment. Pendant zazen, votre cerveau de surface se repose et votre cerveau interne se développe et capte l'activité. Pendant le mondo, ma réponse vient du cerveau interne; l'activité vient du cerveau intérieur. Mon cerveau interne vous répond inconsciemment par mushin. C'est pourquoi un mondo zen est différent d'un examen oral à l'université. Parler par la connaissance n'est pas la Sagesse. Par une longue pratique de zazen, vous obtiendrez cela inconsciemment. De la Sagesse, non du savoir.Par exemple, pour les conférences, je dois préparer ce que je veux dire. D'abord du savoir.., et un peu de Sagesse. Mais dès que je me trouve en face de la salle, je parle inconsciemment et je ne me tiens pas toujours à ce que j'ai préparé. Je regarde les visages et je vois s'il faut que je change la conférence. Il n'y a plus de plan, cela sort de l'inconscient, et impressionne. Cela devient «teisho». La philosophie du bouddhisme et la philosophie du zen ne sont pas seulement faites de connaissances. Cela est vrai aussi pour les arts martiaux.Comment dois-je faire? Si je dois réfléchir à tout ce que je dois faire, l'action efficace devient impossible. Aussi est-il nécessaire d'être mushin, afin que le corps réagisse sans penser. C'est pourquoi, la pratique de zazen s'avère aussi utile pour les arts martiaux. Si l'on réfléchit trop, l'adversaire sera plus rapide.

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Question :

Quelquefois, on veut agir, et inconsciemment une pensée arrive et on fait une faute!

Réponse :

Ce n'est pas vraiment inconsciemment. Vous n'êtes pas assez concentré, vous pensez à autre chose. Si vous avez l'habitude de vous concentrer, chaque chose devient mushin. Mais l'entraînement est nécessaire. Après cela vient tout seul.Vous devez vous entraîner pour la peinture, pour un art, un travail, et après vous devenez mushin. Il n'est pas nécessaire de penser «Je veux faire quelque chose de beau, de bien. » La plupart des grands peintres ont fait leurs oeuvres inconsciemment. Cela devient l'activité du vrai art. Pour les acteurs, il en est de même. S'ils pensent, ils n'impressionnent pas. S'ils jouent inconsciemment, cela devient beau et on sent qu'ils vivent leur personnage. Si les gens pensent, il n'y a pas d'activité, de ki et on ne sent pas de force quand on les regarde. Si on pense, l'action n'est ni forte ni belle. Les pigeons ne pensent pas et sont très beaux. Les gens à notre époque pensent trop et n impressionnent personne.Les gens qui font zazen, inconsciemment, se comportent bien et leurs manières deviennent très belles, naturelles.

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Question :

Quand vous parlez de condition normale, pensez-vous qu'il s'agit de quelque chose qui appartenait à l'humanité entière et qui a été perdu ou est-ce quelque chose d'autre?

Réponse :

La condition normale est très difficile à expliquer. En ce qui concerne le corps, elle est facile à comprendre. Mais pour la conscience, c'est plus difficile.La psychologie, la philosophie, les religions ont essaye de l'expliquer l'esprit de Dieu ou la nature de Bouddha sont la condition normale. Autant de religions, autant de conceptions différentes et chaque époque s'est penchée sur la question.En zazen, la condition normale de la conscience est hishiryo sans pensée.Quand vous pensez tout le temps, vous n'êtes pas dans la condition normale. C'est votre imagination qui s'exprime, vos désirs personnels. Et voilà que vous pensez de plus en plus, vous avez peur, vous devenez anxieux. Si cela dure trop longtemps, les complications arrivent et même la folie.Si vous arrêtez la pensée, vous revenez à la condition normale de la conscience. Mais alors vous vous endormez... Pendant le sommeil, la conscience s'arrête. Les rêves amènent le subconscient à la surface. Quand vous rêvez, vous n'êtes pas dans une phase de sommeil profond.En zazen, on peut revenir à la condition normale. On ne dort pas mais le tonus musculaire est exact et la conscience devient semblable à celle du sommeil.Arrêter de penser pendant zazen est difficile. C'est la philosophie du zen à propos de la conscience normale, le «hishiryo » de Maître Dogen et le «nicht danken» de Jaspers.Fushiryo ne pas penser. Hishiryo penser sans penser. Si on veut arrêter sa conscience personnelle, c'est encore penser! On peut expérimenter « sans penser »pendant zazen. Les pensées montent quand même. Le subconscient apparaît mais pas besoin de le stopper. Etre naturel est mieux.Comment arrêter de penser par la conscience personnelle? On se concentre sur la posture. Dans une bonne posture, les muscles possèdent le tonus juste. L'état de conscience et le tonus musculaire sont en étroite relation. Si les muscles retrouvent leur condition normale, la conscience aussi. On doit équilibrer, harmoniser les deux. Si le tonus est faible, la conscience est trop forte et les pouces tombent, vous penchez la tête et vous êtes triste, mélancolique.Si les muscles ont un tonus correct, les pensées s'arrêtent par la conscience personnelle et le subconscient remonte à la surface.Certains ont trop de choses enfouies dans le subconscient. Cela devient les maladies modernes du système nerveux autonome névroses, hystérie, folie.Pendant zazen, cela sort. Et après zazen, tout le monde a un bon visage. Certainement, si vous voyez d'autres personnes, vous les trouverez différentes et si vous continuez pendant longtemps, vous les trouverez un peu «sales» parce que, par zazen, vous devenez pur et revenez à la condition normale.

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Question :

Qu'apporte le zen à l'esprit?

Réponse :

Rien! Il ne faut pas avoir d'objet, ni désirer quoi que ce soit. Pratiquez sans but, les effets viennent après, automatiquement.Il est écrit dans le Shodoka«On ne doit pas rechercher la vérité ni couper avec ses illusions. »Si durant le zazen, les illusions se manifestent, on ne doit ni les couper ni les entretenir. Il est très important de n'avoir aucun but dans l'esprit, de ne pas se servir de zazen; zazen n'est pas un moyen. Si nous avons un but, un objet, notre vie, pour longtemps, sera troublée. Il faut suivre la voie de façon naturelle; si l'on n'a pas de but, notre vie ne s'éteindra pas.Depuis douze ans que je suis en Europe, j'ai vu de nombreux élèves venus pratiquer zazen avec un but et qui n'ont pas persévéré. Ils sont parfois très honnêtes dans leur recherche mais ils finissent par se lasser et abandonnent.Il ne faut se servir ni du Bouddha ni du zen pour l'obtention de quoi que ce soit.Mon Maître insistait toujours sur l'idée de «mushotoku », sans profit.C'est l'essence du zen et du bouddhisme obtenir sans chercher à obtenir.Nous le répétons chaque jour en récitant l'Hannya Shingyo. La plus haute et la plus authentique philosophie, c'est cela.De même si, lorsque vous peignez, vous avez pour but de réussir un chef-d'œuvre, votre oeuvre ne sera que médiocre. Si au contraire vous êtes vraiment concentré et sans but, vous pourrez créer une belle oeuvre.La plus haute dimension de la vie spirituelle est mushotoku, sans but, sans profit.

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