Dojo zen de Saint-Denis de la Réunion

  Pratique de la méditation zen

Questions à un maître zen

Mondo avec Maître Deshimaru

Questions de disciples et réponses de Maître Deshimaru

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Dialogue avec les moines chrétiens
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La posture
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La mort

Question :

Vous dites souvent que faire zazen c'est entrer dans son cercueil. Qu'est-ce réellement que la mort dans le zen?

Réponse :

Bonne question. Zazen et la mort ne sont pas pareils. La mort signifie cesser de respirer. Tandis qu'en zazen on se concentre sur la respiration. Il n'y a pas de relation. Avez-vous lu le Genjo-Koan? Il explique de façon précise zazen et sa relation avec la mort. Il faut le lire. Vous comprendrez. Le bois devient cendres; les cendres ne peuvent redevenir bois, et le bois ne peut voir ses propres cendres. C'est la même relation qu'entre la vie et la mort. Cependant, je dis exactement zazen revient à entrer dans son cercueil; vivre le Nirvana, pareil à la mort. Le Nirvana est l'achèvement complet de tout, c'est ku — non shiki. L'activité s'arrête. Tout s'arrête. Cet arrêt total signifie la mort. L'arrêt parfait des trois actions définit la mort.Mais le bouddhisme Hinayana se trompe quand il déclare que pour aller au Nirvana, il faut cesser de manger, de respirer... Les illusions disparaissent mais on se rapproche de la mort. Bouddha a expérimenté et a fui ces pratiques. Le professeur Akishige explique: « Si la conscience s'arrête, le corps est près de la condition de la mort. » Tranquille. Mais ceci non plus n'est pas la condition normale de la conscience. On devient faible, et un peu spécial. Etre près de la mort n'est pas la conscience Hishiryo. Il est possible de cesser pendant un jour, deux jours, quelques jours, de prendre de la nourriture; Bouddha, lors de ses austérités, prenait un grain de riz par jour. Mais je n'ai jamais dit qu'il fallait pratiquer la condition de la mort. Personne ne voudrait suivre cela. Ne soyez pas anxieux. Il faut manger, mais savoir diminuer ses besoins alimentaires. Dogen a écrit « avoir le ventre vide n'est pas condition normale » car le corps et la conscience deviennent faibles. Le cerveau devient fatigué et une condition de conscience particulière se développe jusqu'à l'hallucination. J'en ai fait moi-même l'expérience. L'esprit a la mainmise sur le corps. Dans le zen, rechercher une condition spéciale n'est pas la voie. Le Nirvana est aussi équilibre du corps et de l'esprit. Manger est nécessaire. Mais en termes d'éducation je dis: vous devez devenir comme si vous entriez dans votre cercueil. Cela crée un grand choc. Inutile d'entrer vraiment dans un cercueil. Vous pouvez l'imaginer. C'est le « rien ».

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Question :

Ce matin, vous avez dit que l'esprit de Maître Yamada, qui vient de mourir, était dans ce dojo. Que pensez-vous de l'après-mort?

Réponse :

C'est un problème qui préoccupe beaucoup de gens. Pour en parler exhaustivement, je devrais faire une conférence de deux heures.Après la mort que se passe-t-il? C'est un problème religieux auquel il n'est pas nécessaire de trop penser. Ceux qui ne veulent pas mourir sont toujours préoccupés par cela. Dans le bouddhisme, on ne fait pas de commentaire sur l'après-mort. L'essentiel est « ici et maintenant ». Les problèmes métaphysiques ne peuvent pas être résolus. On ne peut ni les affirmer ni les nier; on ne peut rien décider.Après la mort, que devient l'esprit? Personne n'est revenu pour en parler. Il ne faut donc pas trop s'attacher à la mort. C'est le sens de la célèbre phrase de Dogen:« Le bois ne peut pas regarder les cendres. » Le bois représente la vie et les cendres la mort.«Les cendres ne peuvent pas voir le bois. »On peut aussi comparer la vie aux images qui se forment sur l'écran de la télévision et la mort à l'interruption des images après avoir tourné le bouton.Si on regarde, notre vision est subjective. Si on tourne le bouton, l'image disparaît.

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Question :

Mais pensez-vous qu'il y ait une survie de l'âme après la mort?

Réponse :

Et vous-même, y croyez-vous?C'est un problème très compliqué qui pose des difficultés à la science moderne. Je ne peux pas le nier, mais je ne peux pas y croire. La science ne trouve pas d'âme à l'intérieur du cerveau, ni du cœur, ni en quelconque autre endroit du corps.Toutefois l'action de notre conscience continue. Notre karma, nos actions, l'action de notre karma continuent. Si vous donnez un coup de poing à quelqu'un cette action continue. Lorsque nous pensons, le karma de cette pensée continue. Quand vous éteignez votre poste de télévision, l'image disparaît de l'écran, mais continue sur les ondes... C'est pareil! Le monde de maintenant et le monde spirituel se renversent, deviennent opposés, mais ils continuent. C'est un problème à la fois difficile et facile. Mais si je l'explique, vous risquez de mal comprendre.Je ne crois pas que l'âme monte au paradis ou descendre en enfer. Elle ne peut pas sortir du cercueil pour aller quelque part. Mais l'influence de la conscience se poursuit.Il y a l'histoire du maître et du disciple qui allaient à des funérailles. «Est-ce que cela vit ou pas?» demande le disciple en montrant le cercueil. Et le maître dit «Je ne réponds pas, je ne parle pas! » Le maître était habile ni négatif, ni positif.Penser «j'irai au paradis retrouver une famille » c'est de l'imagination. Mais répondre «vous êtes idiot de croire cela » n'est pas une bonne chose. Il vaut mieux rester silencieux.Moi, j'ai mes idées, mais si je fais des catégories sur ce point, cela deviendra une généralité, alors que pour chacun, je devrai répondre différemment. Il s'agit d'un problème très profond qui touche à l'essence des religions. Il ne faut pas faire de catégories, c'est un problème particulier pour chacun.

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Question :

Le principe de la réincarnation apporte bien des réponses aux questions que l'on se pose. Mais le bouddhisme ne donne pas les mêmes réponses que l'hindouisme.

Réponse :

Oui, la vieille tradition indienne a un peu influencé le bouddhisme. Mais le Bouddha n'aimait pas tellement cela. Vous changez votre incarnation, telle est la réponse du bouddhisme.Dans le zen, pas de réincarnation. Par exemple un chat devient-il un homme ou le contraire? C'est une théorie de la tradition indienne, pas tellement importante, même si elle a influencé le bouddhisme Mahayana. L'âme demeure-t-elle après la mort? C'est un problème de conscience.Dans la physiologie moderne, on pense que le cerveau et les cellules restent encore vivants deux ou trois jours. Peut-être que chez certains morts, la conscience n'est pas tout à fait morte. Or le dernier état de conscience est très important. On continuera sur cet état de conscience.Quelle doit être notre dernière pensée? Si vous avez l'habitude de zazen, votre dernière expiration sera une conscience normale, sans conscience.Dans les temps anciens, la physiologie n'était pas développée. La part de l'imagination était importante chez les philosophes, chez les religieux réincarnation, résurrection du Christ... C'est l'eschatologie dans le christianisme cette fin dernière du monde n'est pas encore arrivée. Mais à la mort de chacun le monde s'arrête et on peut communiquer avec l'éternité.

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Question :

S'il n'y a pas de réincarnation, alors pourquoi le dernier moment est-il important?

Réponse :

L'esprit mushotoku est important. «Il faut que j'aille au Paradis, il faut que je renaisse dans une prochaine vie », pas la peine de penser ainsi. Si vous pensez à quelque chose, si vous avez un désir, vous restez accroché à votre existence passée. Il vaut mieux vivre mushotoku, inconsciemment. Vrai calme, vraie paix.L'idée du Paradis a souvent trop d'importance « Si je meurs, j'irai au Paradis. » Créer de telles images dans votre subconscient est inutile. La plus haute attitude est la non-conscience. Si vous avez une pensée, elle s'effacera pas pendant ces une ou deux journées de transition. Par l'harmonie avec le système cosmique votre activité, votre conscience retourneront rapidement au cosmos.Pendant zazen, vous pouvez vous harmoniser avec le système cosmique. La psychologie définit cela comme non-conscience. Le bouddhisme comme conscience alaya. C'est pourquoi je répète toujours que vous devez retourner à cette conscience normale. Pendant zazen, vous pouvez l'atteindre inconsciemment. C'est la conscience transcendantale et de cette conscience naît le juste comportement. Toutes les cellules, tous les neurones en sont activés.Chaque chose que vous ressentez est ressentie par les neurones. L'influx nerveux leur est directement transmis. Le désir naît des impressions le désir de continuer, le désir de posséder, et cette activité de la vie est sans répit. Les idées surviennent constamment et la conscience se complique. Il faut donc toujours revenir à la condition normale. Même quand on dort, la conscience travaille. Mais quand on dort totalement, c'est la non-conscience. Deux heures de sommeil profond et puis le rêve apparaît. C'est très compliqué.En zazen, le corps est en juste tonicité. Quand vous dormez, vous êtes totalement relâché, sans aucun tonus. Mais pendant zazen, on voit le rêve venir du subconscient, et on peut retourner à un état de non-conscience, certifié par la physiologie et la psychologie modernes. Cependant on ne doit pas dire «Maintenant, je n'ai pas de conscience! » Cet état est quelque chose d'inconscient.Quand je dis « Encore cinq minutes. Concentrez-vous bien! » ces dernières minutes sont très importantes. Au début, les pensées sont nombreuses, mais après on peut atteindre cet état. Certains l'obtiennent au bout de cinq minutes par la posture, l'expiration... Impossible de s'avachir, de pencher la tête, la nuque toujours bien tendue. Ceux qui pensent ont les pouces qui tombent. Il faut se reprendre et être très vigilant.

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Question :

Ainsi vous ne croyez pas à la réincarnation?

Réponse :

Croire? Ce n'est pas si important. Pas la peine de croire. Savoir si cela existe ou pas est un problème subjectif. Je ne suis pas entièrement négatif au sujet de la réincarnation mais je ne dis pas que « je dois y croire ».Pour ce qui est de la réincarnation personne n'est revenu de la mort pour vraiment en parler. Mais cela excite l'imagination et les religions primitives avaient beaucoup d'idées là-dessus. On ne peut décider si tel ou tel chemin est le bon dans ce domaine. On peut y croire ou ne pas y croire. J'ai eu de nombreuses expériences métaphysiques et je crois dans ce monde métaphysique; mais on ne peut le ramener à quelque chose de petit. Le cosmos est infini. On écrit sur le monde métaphysique mais on n'en touche que des aspects minuscules alors qu'il est infini. Aussi ne pouvons-nous pas en parler. Mon expérience et celles des autres sont différentes et on ne peut décider si c'est comme ci ou comme ça. Les catégories ramènent les choses à une petite dimension.

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Question :

Si on se souvient de ses vies antérieures, cela ne suppose-t-il pas un élément permanent?

Réponse :

Tout le monde pense à son ego. Les gens voudraient comprendre et ne le peuvent pas complètement. Ils y pensent par égoïsme. Si on n'est pas égoïste, ce sujet n'est pas tellement important: zazen l'est bien plus. Ici et maintenant s'avère bien plus efficace.Maître Dogen a écrit profondément sur cette question : avant la naissance, après la mort... Avant la naissance : seulement la goutte de sperme du père et l'ovule de la mère... la goutte de sang... C'est aussi ku. Pas la peine d'y penser, de l'analyser. Seul ici et maintenant est important. Quand il faut mourir, il faut mourir et, à ce moment-là, cette vie se termine.Plus les gens sont égoïstes, plus on est attaché à la vie, plus on pense à la mort.

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Question :

Où est allé Bodhidharma quand il est mort?

Réponse :

Il n'est pas ici et cela n'a pas d'importance. Ne pensez pas au lieu où vous irez après votre mort. Pensez seulement à ici et maintenant. A votre mort, vous irez dans un cercueil; à moins d'aller mourir en mer, là pas de cercueil.Ici-maintenant est important. Si vous vous concentrez sur tous les points, ici et maintenant, ces points deviendront une ligne et ainsi inconsciemment, naturellement, automatiquement, vous irez dans votre cercueil, dormir sous la terre. C'est comme zazen. Maintenant, je dois mourir et je me concentre sur zazen.C'est le même rapport qu'entre le bois et la cendre. Le bois ne connaît pas et ne peut pas regarder sa cendre. Le bois peut regarder la cendre d'un autre morceau de bois, mais il ne peut pas regarder sa propre cendre. Vos yeux ne peuvent pas voir vos yeux, ou alors avec un miroir. C'est la même chose qu'entre la vie et la mort, comme le bois brûlé qui devient cendre. La cendre ne peut pas penser qu'avant elle était du bois et inversement.Vous ne pouvez pas regarder votre mort. C'est un problème subjectif très difficile. Moi je peux regarder votre mort, mais vous pas. Une fois mort, votre mort ne peut pas regarder votre vie. C'est un problème subjectif que vous considérez maintenant comme un problème objectif. L'objectif n'est pas important. Le subjectif seul est important. C'est un problème du temps. «Ici et maintenant » inclut l'éternité. Ne faites pas de catégories. Il s'agit d'un problème plus difficile qu'un problème objectif qui peut être résolu par la science et sur lequel tout le monde se met d'accord. Le subjectif est plus profond. C'est sur soi-même que l'on se penche. Personne ne comprend, sauf vous. Sur les problèmes profonds tout le monde a un avis différent. Il est donc difficile de vous aider. Le problème subjectif de chacun est différent et on ne peut pas le résoudre par la science. Si je veux vous aider, je dois devenir vous!

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Question :

Par zazen on coupe le karma du corps, de la parole, de l'esprit. Pas la mort aussi. La mort est-elle le satori?

Réponse :

Oui, exactement. Ainsi le mot Nirvana signifie la mort. Le Nirvana est le parfait satori. Parfois il désigne la mort de Bouddha, l'extinction parfaite. Une fois mort, la création de notre karma s'arrête, le karma du corps, de la parole, de la pensée. Mais il y a deux doctrines; l'une dit que tout est fini, l'autre que le karma seul continue. Pour vous cela semble contradictoire. Mais durant zazen nous pouvons faire décroître notre karma, non l'arrêter. La bouche est fermée, le karma du corps est arrêté. Mais celui de la pensée ne peut pas cesser complètement, c'est très difficile — ou alors au bout d'un moment on s'endort. C'est parce que le karma se réalise d'abord dans le subconscient et apparaît comme un rêve. Quant au karma de la conscience il est vraiment difficile de l'arrêter. En fait, il est éternel et continue après la mort. Le corps et l'esprit sont complètement en unité, donc si le corps se termine et meurt, la conscience également cesse de vivre. Mais qu'est-ce que la vie? En fait c'est l'activité matérielle du corps qui s'arrête à la mort. Mais l'esprit n'en est pas séparé. Ce point est un point très profond. Je ne veux pas entrer dans une discussion à ce sujet. Dans le zen, on ne commente absolument pas le problème de la substance, ni la métaphysique. Et pourtant cela pose de nombreuses questions, je le sais. Par exemple, si le corps meurt, l'esprit meurt-il aussi? Beaucoup de religions prétendent que l'âme s'envole, il est des savants qui disent la même chose, ils pensent que l'esprit plane un an, deux ans. Certains imaginent que cet esprit entre dans le corps d'un nouveau-né. D'autres disent que l'âme va en enfer ou au paradis. Çakyamuni Bouddha n'a jamais rien dit de tel. Mais l'influence du karma continue. Les éléments du corps demeurent après la mort, après l'incinération. L'eau, le sang entrent dans l'air et dans la terre. Les éléments subsistent. Seul change l'aspect matériel. Il n'y a pas du tout de changement chimique; seulement une transformation physique, et comme le matériel et le spirituel sont une unité, il y a quelque chose qui reste et se réincarne éternellement. Nous pouvons penser ainsi. Même le corps n'est pas achevé après la mort. Donc notre vie est comme une bulle à la surface de l'eau, à la surface de l'ordre cosmique. Elle apparaît et flotte à l'horizon, soixante-dix ans, quatre-vingts ans, parfois cent ans, puis elle éclate et disparaît —mais en fait elle continue — il y a les grosses bulles et les petites bulles. Mais il ne faut pas penser à cela constamment, on se fatiguerait. Mieux vaut se concentrer sur zazen. Bien sûr c'est intéressant, et le karma est important. Comment éviter une mauvaise réincarnation? Toutes les grandes religions portent l'anxiété de cette question. Nier n'est pas bon, mais affirmer soulève un problème métaphysique difficile. Mieux vaut demeurer dans la conscience Hishiryo.

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Question :

Le plus important est donc de se concentrer ici et maintenant.

Réponse :

C'est la foi, le roi du samadhi. Le karma passé prend fin. Il apparaît, réapparaît, il faut le laisser passer. Durant le zazen aussi le karma surgit comme pendant les rêves, les bons et mauvais rêves. Il faut les laisser passer. Le karma de la conscience est le problème le plus délicat, le plus grand. Ceux du corps, de l'activité, de la parole sont plus faciles à résoudre, car ils dépendent des lois, de la présence d'autrui, il est plus facile de les corriger.La vie religieuse est réflexion. Si vous faites zazen, vous pouvez réduire votre karma inconsciemment, automatiquement, naturellement, et réfléchir.Nous ne pouvons tout couper. Mais par exemple si au lieu de venir à cette sesshin vous vous étiez rendu au Club Méditerranée, peut-être auriez-vous créé plus de mauvais karma. Pendant zazen, au contraire, vous pouvez très exactement le faire décroître. La vraie foi, la vie religieuse, est réflexion, observation, concentration. Nous ne pouvons tout pratiquer, mais devons être Mushotoku. Je le répète sans cesse. Mais si vous respectez les Kai, les préceptes, et si vous êtes Mushotoku, automatiquement votre karma diminuera. Si nous l'observons nous pouvons le faire décroître. Celui de la parole ne pas mentir. Celui du corps également. A travers zazen, notre vie quotidienne peut prolonger la réflexion qui se développe. Nous pouvons avoir une vie meilleure et peut-être ne pas commettre des erreurs aussi grosses qu'avant. Pour quelques-uns cela arrive encore, c'est l'effet de leur karma, non l'effet du zazen. Certains ont un si mauvais karma qu'ils n'arrivent pas à suivre mon enseignement. Ceux qui continuent zazen peuvent trouver leur vérité profonde.

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Question :

Ce matin, vous avez dit que l'on pouvait faire l'expérience de la mort en zazen. Qu'est-ce que c'est?

Réponse :

On oublie tout. On abandonne l'ego comme on abandonne son corps quand on entre dans son cercueil. Si vous mourez, plus rien.

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Question :

Pourquoi appelle-t-on cela l'éveil?

Réponse :

Vous devez embrasser les contradictions. Les Européens veulent faire des catégories. Je vous ai enseigné aujourd'hui parfois conquérir, parfois abandonner. Les deux sont très importants. S'éveiller ne consiste pas seulement à ouvrir les yeux mourir aussi est s'éveiller. Il ne faut aller ni à droite ni à gauche.

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Question :

Comment vivre ici et maintenant quand on pense toujours à la mort?

Réponse :

La vie et la mort sont identiques.Si vous acceptez la mort ici et maintenant, votre vie sera plus profonde. Il ne faut pas être attaché à la vie. Ni à la mort.Quand on doit mourir, on meurt, et on retourne au cosmos.Quand notre activité se termine, quand notre vie est finie, alors, il faut mourir. Il faut comprendre la mort.

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Question :

Qui comprend?

Réponse :

Le véritable ego seul comprend.

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Question :

Pourquoi parlez-vous d'éternité après la mort et non avant la naissance?

Réponse :

C'est l'homme qui veut cela. La plupart des gens ne comprennent pas. Si vous résolvez cette question ici et maintenant, votre vie sera paisible et vous serez très heureux.

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