Dojo zen de Saint-Denis de la Réunion

  Pratique de la méditation zen

Questions à un maître zen

Mondo avec Maître Deshimaru

Questions de disciples et réponses de Maître Deshimaru

Deshimaru
La voix du milieu
L'être humain
Le karma
Illusions, attachement, souffrance
Aider les autres
Le bien et le mal
La mort
La conscience
L'impermanence, ici et maintenant  
Satori
La civilisation moderne
La vie quotidienne
Zen et christanisme
Dialogue avec les moines chrétiens
Faire zazen
La posture
La tradition

 

La tradition

Question :

Quelle est la place de la tradition dans le zen?

Réponse :

Le zen a toujours respecté et protégé la tradition. Depuis l'époque du Bouddha il a toujours suivi cette tradition sans jamais en dévier.D'un autre côté le zen crée sans cesse, il s'adapte à tous les lieux et à tous les temps. Il est sans cesse frais comme une source jaillissante.Quelle est cette tradition? C'est très difficile à expliquer car c'est la nature de Bouddha, c'est l'essence de l'esprit qui s'est transmise au cours des siècles de maître à disciple, par-delà les mots « I shin den shin, de mon âme à ton âme»Des Indes en Chine, de la Chine au Japon, et du Japon à l'Europe, le zen a souvent changé de place.Pour se développer il a besoin d'une terre vierge. Il fuit le formalisme et la sclérose religieuse.Souvent les Européens me demandent s'ils seront capables de comprendre réellement le zen. Et je réponds toujours qu'ils y parviendront bien mieux que les Asiatiques, car ils sont frais et neufs. « Seule une bouteille vide peut être remplie. »Les maîtres zen ont parfois brûlé les statues du Bouddha pour éduquer leurs disciples. Dans ce dojo il y a une très belle statue de Bouddha, et je m'incline toujours respectueusement devant elle. Pourquoi? Est-ce parce qu'elle est Bouddha, ou parce qu'elle coûte cher? En fait c'est vous que je salue car vous êtes des Bouddha vivants lorsque vous pratiquez zazen.Vous ne devez pas vous tromper, le zen est au-delà de toutes les religions. Bouddha n'est qu'un nom. Seulement zazen est important; en zazen vous êtes Bouddha.

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Question :

Pourquoi les rites?

Réponse :

Quelquefois, c'est nécessaire. Nous ne sommes pas des animaux. Par les manières, par les rites, on peut enseigner. Le rite accompli influence l'état d'esprit de celui qui l'accomplit.La forme du rite n'est pas très importante. Mais par ce rite, je peux éduquer votre esprit à l'intérieur de vous. Je ne connais pas les rites européens. Je connais profondément les rites zen, alors je me sers de ces derniers. Je suis un moine zen et je ne peux pas enseigner les rites chrétiens. La forme n'est pas tellement importante.Certainement, un moine chrétien très profond peut éduquer par les rites. Les grands moines éduquent toujours avec des rites cela a une influence sur la conscience. Le bon professeur à l'école doit toujours regarder la façon dont se comportent les enfants. A l'époque actuelle, les éducateurs ne sont pas tellement bons. Ils enseignent seulement le savoir. Les grands éducateurs regardent les manières, les actions des enfants. De cette façon, les enfants peuvent agir plus exactement.

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Question :

Pourquoi faut-il marquer les angles quand on marche dans le dojo?

Réponse :

Si vous ne tournez pas, vous allez droit dans le mur et vous tombez...La façon d'agir est très importante, elle a une influence sur la conscience. Les fous n'agissent pas d'une façon précise. Ils ressemblent à des fantômes en marche. Quand votre conscience est droite, vous pouvez marcher droit et tourner à angle droit.Au dojo, vous vous entraînez à l'exactitude. Quand vous entrez dans le dojo, vous marquez un petit temps d'arrêt, vous rentrez du côté gauche et avec le pied gauche. Si vous répétez cela toujours, cela influencera votre conscience et vous vous habituerez à la précision dans votre vie quotidienne.

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Question :

Pourquoi faire des cérémonies?

Réponse :

Un peu de cérémonie est nécessaire

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Question :

Tous les jours?

Réponse :

Oui, tous les jours. En répétant cette cérémonie tous les jours, vos manières deviennent belles. C'est très bon pour la concentration. Pendant le Hannya Shingyo, vous pouvez vous concentrer sur l'expiration comme pendant zazen; c'est même plus facile qu'en zazen. Quand vous chantez, votre respiration se fait naturellement, automatiquement et inconsciemment. Par sampaï, la prosternation, vous apprenez à être humble. Répéter les mêmes gestes, les mêmes choses, est très important dans l'éducation. Votre karma change... Votre visage change, vos manières changent, votre esprit change... La cérémonie est simple. Il vaut mieux la pratiquer que la regarder. Ce n'est pas un spectacle.

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Question :

Quel est le sens de l'autel du Bouddha?

Réponse :

Ce sont des décorations. Il est nécessaire de marquer le centre, un centre sacré, saint. Et puis il faut placer les kyosakus, et le pot à encens afin qu'il en émane un parfum délicat. C'est commode pour les cérémonies.

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Question :

Votre explication est drôle, mais est-elle complète?

Réponse :

Dans un vrai dojo, il y a une salle du Bouddha, une salle de conférences, une salle de cérémonies, plus le dojo où l'on pratique zazen. Dans ce dojo-là il n'y a pas d'autel important. Et la statue qu'on y place est celle de Manjusri, assis sur un lion. Telle est la règle. Mais une statue de Bouddha, c'est bien aussi, peu importe. Il faut que le dojo soit centré, et qu'il y ait une droite et une gauche. S'il n'y a rien, ce n'est pas pratique. Bien sûr existent beaucoup d'autres significations. L'autel rend aussi l'atmosphère plus pure, plus sainte, plus sacrée. Nous pouvons le ressentir. Cela est mieux que de ne rien mettre du tout. Mais, en fin de compte, il n'y a pas là une signification tellement profonde, sinon, surtout, celle de marquer le centre.

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Question :

Quelle est la signification de gasho (le salut, mains jointes, paume contre paume)?

Réponse :

Gasho, c'est l'esprit religieux.Dans la religion traditionnelle, on s'incline devant Dieu et l'on crée une séparation entre Dieu et soi. Dans le zen aussi, lorsqu'on fait gasho, on reconnaît Dieu; et pourtant, à l'origine, le Bouddha ne croyait pas en cette thèse de la religion traditionnelle où il y a toujours Dieu et les hommes: Dieu est bon et les hommes sont mauvais.Quand Bouddha est venu au monde, il a dit, dès sa naissance «Je suis l'existence la plus haute. » (Je ne crois pas qu'il ait dit cela, un bébé ne parle pas, mais telle est la légende que les sutras ont transmise.) Dès sa naissance, il récusait tous les systèmes. «Je suis l'existence la plus haute », c'est-à-dire l'homme le plus élevé; pas un dieu, un homme.C'était très révolutionnaire. Raison pour laquelle certains chrétiens disent que le bouddhisme est athée ou panthéiste. Pourtant Bouddha lui-même reconnaissait parfois Dieu comme la plus haute existence.En vérité, l'homme devient Dieu. C'est pourquoi je dis qu'en faisant zazen vous devenez Bouddha, Dieu ou Christ. De même en faisant gasho: Dieu et la main gauche, l'ego et la main droite, en les joignant en gasho, on réalise l'unité complète. On respecte, mais dans l'unité. Il ne faut pas s'oublier soi-même. Cela paraît très contradictoire. Le zen dit que vous devez abandonner I'ego, mais par gasho, c'est vous qui vous harmonisez avec le système cosmique, avec Dieu. Telle est la signification de gasho. La position des mains influence le cerveau. Si on brandit les mains, on est agressif et l'esprit s en ressent. La forme des mains influence le cerveau. Tenir ses bras à l'horizontale, avoir le dos rond ou les épaules descendues, ce n'est pas la même chose.Comment les mains doivent-elles être dans la vie quotidienne? Cela aussi est important. Selon qu'on ait les bras croisés ou les mains dans les poches, l'esprit change. Si je mets les mains comme cela derrière mon dos et que je marche, c'est comme Napoléon. La position des mains influence la conscience, la psychologie l'explique. C'est un problème profond.

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Question :

Quelle est l'importance des sutras; ont-ils été écrits par le Bouddha ou par ses disciples? Font-ils autorité ou pas?

Réponse :

Quand vous regardez une pomme peinte, savez-vous si elle est bonne ou pas? Certains disent qu'on ne peut pas la manger. Ce n'est pas une vraie pomme mais c 'est une vraie réponse.Grande question, grand problème. Les temps modernes font des erreurs au sujet du bouddhisme et du Bouddha. Tous les disciples du Bouddha ont écrit des choses vraies et des choses fausses. Dès qu'on entend, dès qu'on écrit, on fait des catégories. Après, il faut mettre les paroles en forme. On corrige, sinon les gens n'achèteraient pas les livres. On change. Moi-même, en parlant, je suis limité. Je ne peux pas exprimer la totalité de ma pensée. Je pense, je veux dire ceci ou cela et l'expression en est très difficile.Les sutras ne sont pas une erreur mais ils ne portent pas la vérité totale. Le sutra du Lotus et le sutra du Diamant ne font pas d'erreurs. Mais si vous lisez le sutra du Lotus, cela vous semblera mystérieux. C'est un roman, de la vraie littérature comme la peinture de la vraie pomme. La pomme peinte est une vraie pomme mais on ne peut pas la manger. C'est pareil.Il ne faut pas tout lire dans les sutras. Vous devez comprendre le vrai sens au-delà des sutras. Il y a huit mille volumes du sutra du Lotus (Kegon), 600 du Hannya Shingyo. La totalité des sutras fait plus de 80000 volumes. Si vous désirez étudier le bouddhisme par les sutras, vous devrez donc commencer par lire 80000 livres. Si vous en lisez seulement dix ou cent, vous n'en connaîtrez qu'une petite partie. Comment faire?Le zen, c'est le retour direct à l'esprit du Bouddha qui obtint le satori sous l'arbre de la Bodhi. Vous devez faire la même expérience par la même posture, la même respiration, le même état d'esprit. Il n'est pas nécessaire de lire les livres en faire l'expérience ici et maintenant. Si vous lisez les sutras, ce ne sera que du savoir. Vous deviendrez compliqués et un peu plus fous. Vous aurez envie de discuter et vous n'en comprendrez pas l'essence.

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Question :

Est-ce que les sutras peuvent être dits dans une autre langue ou le japonais a-t-il des sonorités importantes, telles qu'on ne peut les changer?

Réponse :

Le Hannya Shingyo, en fait, n'est même pas du chinois; cela a des résonances sanscrites mélangées de chinois et de japonais, mais en gros, c'est l'ancienne prononciation chinoise mélangée avec de la prononciation japonaise. Même les japonais n'ont pas modifié le sutra. Il a été traduit en japonais moderne, en belles phrases mais on ne l'utilise pas.

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Question :

Cela veut-il dire que le son est très important?

Réponse :

Oui. C'est pourquoi la transmission du même texte est continuée. Dans les temples, les moines ne se servent pas de la version que l'on comprend, mais de ce texte mélangé dont certains mots sont changés par la prononciation japonaise. Ce n'est ni indien, ni chinois, ni japonais. Mais les idéogrammes sont chinois et japonais. Gyatei Gyatei, à la fin, c'est du sanscrit sinisé. Les sutras bouddhiques ne sont pas en japonais; c'est du chinois très ancien, prononcé à la japonaise.A l'époque actuelle, les chinois ne peuvent plus lire ces vieux caractères, mais la plupart des moines japonais le peuvent. Les disciples français comprennent et ils ont de la mémoire. C'est pourquoi les japonais qui viennent ici sont surpris, et un Chinois serait encore plus surpris.

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Question :

Dans le Shobogenzo, il est dit qu'un homme n'est enfant de Bouddha que dans la mesure où il a reçu l'ordination.

Réponse :

Oui, Maître Dogen a écrit cela. Quelle est votre question?

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Question :

Que représente l'ordination?

Réponse :

C'est devenir enfant de Bouddha! Si vous voulez devenir enfant de Bouddha, vous demandez l'ordination. C'est une formalité pas tellement importante. Si vous voulez être un enfant du Christ, vous devez recevoir le baptême.Au départ, ce n'est pas la peine de devenir enfant de Bouddha. Si vous voulez vous approcher plus, si vous voulez étudier et comprendre l'esprit du Bouddha, il faut faire zazen et si vous recevez l'ordination, vous pourrez comprendre plus profondément la tradition du bouddhisme. Si vous coupez vos cheveux, si vous revêtez l'habit noir, votre état d'esprit changera. Faites zazen en kimono noir ou en costume de ville, vous sentirez la différence. Si vous revêtez le kesa, votre esprit changera et vous ne ferez pas zazen de la même façon. Quand la forme change, on n'a pas le même esprit. Quand j'étais jeune, je ne voulais pas me raser le crâne. Ma famille, mes amis ne voulaient pas. A la fin, je l'ai fait et j'ai compris plus profondément.Pourquoi faire zazen? pourquoi devenir enfant de Bouddha ?... même genre de question. Certains disent:«Ce n'est pas la peine de faire zazen, lire des livres suffit et on peut comprendre. » Si on suit ces expériences écrites, on peut comprendre intellectuellement le bouddhisme, mais si on ne fait pas zazen, on ne peut pas s'approcher de l'esprit de Bouddha et comprendre les expériences de Bouddha.

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Question :

Quels engagements prend-on en devenant moine?

Réponse :

L'engagement de faire zazen...Les préceptes changent de siècle en siècle; il y a cent, deux cents, mille, deux mille ans, maintenant, dans l'avenir, tout change. Bien sûr, on ne doit pas tuer, voler, mentir et ces cinq ou dix commandements sont communs à toutes les religions.Mais pour le reste, le sexe, le tabac, l'alcool, cela diffère suivant les époques. Au temps de Bouddha, le tabac n'existait pas, alors il n'en est pas question dans les sutras! Tout cela a changé. Les mœurs sexuelles également. Dans le bouddhisme et le christianisme, les préceptes des moines sont très différents.Il faut avoir la foi et pratiquer zazen. Si on fait zazen, la moralité devient meilleure. La personnalité se purifie. On devient calme, plus tellement coléreux, plus tellement passionné. On change ainsi son karma.

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Question :

Peut-on changer son karma?

Réponse :

Si vous faites zazen, vous pouvez changer votre mauvais karma. Il s'épuise, prend fin. Votre vie se transforme. Pendant l'ordination, je lis toujours un long poème qui a été traduit en français. C'est le sutra de l'ordination. Si on devient moine, l'ordination elle-même est efficace. Toute votre famille en deviendra heureuse. Alors vous devenez complètement seul, vous coupez tout l'environnement. Votre esprit intérieur acquiert la vraie liberté. Tout change : l'esprit change, le corps change. On coupe dans l'esprit avec toutes les complications. Ainsi, on peut suivre l'ordre cosmique. Je l'ai ressenti.Quand j'ai reçu l'ordination de mon maître, Kodo Sawaki, tout a changé. Je suis alors arrivé à la dernière gare! Plus d'anxiété pour rien, plus besoin d'argent, plus de soucis pour la famille, Ainsi, notre amour devient plus libre, plus fort. Je m'étais rasé le crâne et ma famille n'était pas tellement d'accord. Ma fille pleurait: « Pourquoi papa s'est-il coupé les cheveux? Pourquoi s'est-il sauvé dans un temple? » Mais après, ma famille a compris et est devenue heureuse. Maintenant, elle l'est vraiment!C'est le karma qui change.Cela peut sembler du formalisme, mais c'est très important : on revêt le kesa, on pratique zazen et, à la fin, on se coupe les cheveux. Le kesa n'est pas un simple morceau de tissu. Vous devez croire en lui. Si vous le regardez comme un chien pourrait le regarder, ce n'est pas efficace. Sa signification est très profonde.Si vous coupez vos cheveux, si vous revêtez le kesa, si vous pratiquez zazen, vous devenez réellement libre! Ma vie aussi était très compliquée et la vie de mon maître Kodo Sawaki l'était encore plus. Il était pauvre et ses caractéristiques étaient très fortes. J'avais les mêmes caractéristiques. Parfois, j'ai un ego très fort; c'est mieux pour un moine zen, car il devient possible de l'abandonner, d'abandonner toute chose.Mon maître disait toujours : «Quand le fruit du kaki est amer, si on le laisse reposer longtemps, il change et devient doux. » Cet ego-là devient l'ego cosmique. Plus l'ego est fort, plus il devient bon si l'on continue zazen, et on obtiendra un ego cosmique encore plus fort.

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Question :

Les gens les plus mauvais peuvent devenir moines. Pourquoi?

Réponse :

Quand le maître le permet, le pire peut devenir le meilleur. C'est le bouddhisme Mahayana. Les plus mauvaises passions, les plus mauvais bonnos deviennent source de satori. Quand la glace fond, elle donne beaucoup d'eau. Les grand bonnos, les grandes passions se transforment en grand satori. Un grand maître doit transformer cela et on voit là sa dimension.

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Question :

Ne pensez-vous pas qu'il est plus difficile d'être moine zen aujourd'hui à Paris qu'il y a deux mille ans dans un monastère zen?

Réponse :

Plus difficile, moins difficile, cela dépend des personnes. On vient faire zazen ici une heure et après on retrouve la vie active... Si vous alliez dans un monastère, vous ne penseriez qu'à en sortir. « Je veux aller au restaurant, je veux aller voir une femme, des amis, etc. »Les gens ont toujours des doutes dans la tête. Qu'est-ce qui est le plus difficile?Les moines qui vivent à Soji-ji ou à Eihei-ji ont toujours envie de faire l'amour la nuit et ils n'y restent que trois mois. Mais pour une personne âgée se retirer dans un monastère, s'échapper du monde, n'est pas tellement difficile. Mais quand un jeune entre dans un monastère, il a vite envie d'en sortir. Il ne pense qu'à cela! Même à Lodève, pour une sesshin de quelques jours, certains comptaient tout le temps le nombre des jours qui restaient.Il est plus facile de faire zazen une heure le matin ou même deux fois dans la journée et d'être libre ensuite. C'est mieux! Pour les moines japonais, zazen devient une affaire, une profession. Mais vous maintenant, vous voulez faire zazen, donc zazen est toujours frais, ce n'est pas un business. Si zazen devient un business, le vrai esprit religieux décroît.Certains se sauvent dès qu'ils ont coupé leurs cheveux.Jusqu'à l'ordination ils disent «Je veux devenir moine. » Puis ils se mettent à penser et ils partent. Dans ceux qui deviennent moines, la moitié abandonne zazen aussitôt après. Peut-être que s'ils allaient dans un monastère ce serait mieux. Mais la vie dans un temple est très difficile. On est toujours seul. En se coupant de la société, on devient égoïste: on veut devenir calme, faire zazen seul dans la montagne! C'est bien lors des sesshins mais ce n est guère possible de continuer longtemps. On abandonne. Je dis donc que zazen doit être comme la goutte de pluie.Sinon après être devenu moine, on ne veut plus l'être. Etre bodhisattva, ce n'est pas être moine, c'est vouloir le devenir. Etre moine, c'est arriver à la dernière station, à la dernière gare. Mais faire le voyage est plus beau que d'être arrivé.

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Question :

Quelle est l'étendue de l'engagement de bodhisattva? Dans la vie, nous prenons beaucoup d'engagements qui entrent en conflit et nous privent de toute liberté. L'engagement de bodhisattva peut-il nous libérer?

Réponse :

Cette question revient très souvent! Quand vous vous mariez, c'est la même chose. Il est parfois nécessaire pour l'homme d'avoir une loi, une morale. Nous ne sommes pas semblables aux animaux.Dans le bouddhisme et dans le zen, l'ordination n'est pas un engagement. Quand vous avez reçu l'ordination et si vous continuez à pratiquer, même si vous voulez commettre des erreurs, vous ne pouvez pas vous tromper. Si vous recevez l'ordination, votre karma est transformé; même si vous voulez faire le mal, vous n'avez pas envie de le faire. C'est automatique et naturel. Ce n'est pas un engagement volontariste. Je ne crois pas que cela soit la même chose dans le christianisme, mais je pense qu'une véritable ordination religieuse ne comporte aucune interdiction.Automatiquement, vous ne pouvez plus faire le mal et même si vous le faites, le désir en décroît rapidement. Par le comportement du corps, les passions diminuent inconsciemment. Inutile de se mettre à penser comme ceci ou comme cela. C'est la vraie liberté! Vous pouvez suivre l'ordre cosmique inconsciemment, naturellement, automatiquement.Pendant l'ordination, je ne dis jamais : «Vous devez faire ceci, vous ne devez pas faire cela... » Je donne l'ordination et si vous la recevez, votre karma change automatiquement. L'ordination du Zen n'est pas du tout un engagement. Bien sûr, vous ne devez pas tuer, voler, abuser du sexe ou mentir. Ne pas mentir est très difficile. Ne pas tuer un moustique, c'est difficile aussi! Ne pas vous admirer vous-mêmes, ne pas critiquer les autres...Dans le bouddhisme, il y a dix préceptes qui ne sont pas des interdictions. Mais Bouddha a dit « Si vous faites zazen, c'est le plus grand précepte et tout disparaît. » Si vous faites zazen, votre karma change, tout s'améliore. Ceux qui ont de mauvaises tendances s'en vont. Ceux qui continuent zazen sont excellents. S'ils se trompent, ils s'en rendent compte ou bien ils s'en vont et ne font plus zazen.

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Question :

Pouvez-vous expliquer le rôle du bodhisattva dans la vie moderne?

Réponse :

On ne peut pas le limiter. Si je l'expliquais, nous serions tentés de le limiter à ce que je vous dis. Chaque jour, vous devez trouvez les devoirs du bodhisattva.Ce n'est pas un devoir semblable à un commandement religieux. Vous devez sauter dans la rivière pour aider ceux qui se noient, sauter dans les lieux périlleux. C'est la vocation du bodhisattva.Sauter dans les difficultés, ne pas s'en échapper. C'est très difficile. Tel est le rôle du bodhisattva pour aider les autres. Donner d'abord à manger et à boire aux autres. Se servir après.S'il vous plaît, ayez le satori. Je vais vous aider à l'avoir à tout prix, et, à la fin, j'essaierai de l'avoir pour moi.

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Question :

Pourquoi n'entend-on jamais parler de Bouddha femmes?

Réponse :

Mais si, il y en a aussi. Beaucoup de femmes sont devenues disciples de Bouddha. Kannon est souvent représenté sous les traits d'une femme; mais sa représentation est en fait au-delà des sexes. Ni homme ni femme, c'est le bouddhisme Mahayana! L'enseignement du Bouddha s'adresse aux hommes comme aux femmes et se situe au-delà. La distinction du masculin et du féminin est un grand problème pour moi dans la langue française; en japonais il n'y a pas cette distinction pour tous les noms communs comme en français, la Seine ou le Rhône pourquoi pas? Je trouve cela très amusant. Peut-être parce que la Seine a un cours plus doux, plus féminin que le Rhône? Bouddha est au-delà de le Bouddha ou la Bouddha!Les langues asiatiques ne possèdent pas ce genre de catégories. Les Asiatiques n'ont pas créé la science mais ils ne sont pas limités dans le domaine de la religion. La même phrase, infinie en chinois ou japonais, est pleine de catégories dans une langue occidentale. La philosophie est très développée en Occident, ce sont des catégories. Nietzsche est arrivé dans une impasse; il a dit que l'homme devait embrasser les contradictions, mais lui-même est tombé en plein dedans et il mort fou...

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Question :

Quelle est la signification du kesa?

Réponse :

Dogen a écrit deux volumes sur le kesa. Zazen est l'essence spirituelle du zen. Le kesa en est l'essence matérielle. Dans le christianisme, dans le bouddhisme, on respecte la croix, les statues et les images du Bouddha. Dans le zen, c'est le kesa. Les gens veulent des objets de foi. Il faut qu'il y ait quelque chose de matériel. Quelle est la meilleure matière? Bouddha y a réfléchi et les maîtres aussi. Les vêtements sont importants. Comment s'habiller? C'est pour cela qu'il y a des modes. La mode parisienne s'est ainsi répandue dans le monde entier.Aussi les vêtements dans le zen sont-ils importants la robe blanche est japonaise, la robe noire chinoise. Le kesa est indien. Il est très important. C'est le symbole du Bouddha, comme les statues. Mais je préfère le kesa aux statues.Quel est le symbole de la vie spirituelle? Un disciple a posé la question au Bouddha et c'est pour cela que le kesa a été créé. Les coutures représentent les champs de riz. Il faut utiliser les tissus les plus humbles. Pour confectionner les premiers cessas, on a ramassé les linceuls des morts, les linges des accouchées, les garnitures périodiques... tout ce qui avait été souillé dont personne ne voulait et qui allait être mis aux ordures. On a tout lavé désinfecté avec des cendres. On a assemblé tous ces morceaux et ils sont devenus l'habit du moine, le plus haut vêtement. La matière la plus souillée est devenue l'habit le plus pur, car tout le monde respecte la robe de moine et son kesa.La matière la plus basse devient la plus pure. Telle est la base du Mahayana.C'est la même chose avec notre esprit et avec nos bonnos. Vous ne devez pas regarder à l'extérieur, mais à l'intérieur. Socrate a dit: «Connais-toi toi-même. » Si on se regarde soi-même, on ne se trouve pas si bien. Tout le monde est empli de contradictions. Nous devons mettre la liberté dans notre vie. Dans l'Hokyo Zan Mai, il est dit : «Un rat tapi dans un trou ou un cheval à l'attache paraissent calmes, mais à l'intérieur ils veulent s 'échapper. » Notre esprit est pareil pendant zazen. Il cherche toujours quelque chose. Il en est ainsi pour moi, et même pour les grands Maîtres. Bouddha a également souffert de ce problème. C'est la faiblesse de l'humanité.Par zazen, on peut diriger et contrôler son esprit. Si le rat est faible, il est vite mort. C'est l'histoire de la mégère apprivoisée. Si on conduit bien son esprit, on peut le changer. Quelqu'un de faible ne peut pas devenir grand. Il vaut mieux être fort et avoir des illusions fortes. Les grandes illusions deviennent la source de l'illumination. La glace devient de l'eau quand elle fond. Si nous avons de grandes illusions, nous aurons un grand satori.Le vêtement le plus bas devient le symbole de la spiritualité la plus haute. On retrouve le principe du Mahayana. L'humanité comporte de grandes contradictions.Le cerveau frontal et le thalamus ont des fonctions opposées. Si nous sommes uniquement intellectuels, nous ressentons des contradictions et nous souffrons toujours.Le kesa est très important et, si nous le revêtons, il nous aide et change notre karma, comme zazen. C'est un symbole et j'y crois. C'est le symbole de mon Maître. Donc, je porte ce kesa, sans anxiété. Pour moi, c'est la transmission de mon Maître.Ce qui est le plus bas devient le plus haut. Notre esprit le plus mauvais devient le meilleur, le plus haut, le plus noble

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Question :

Pourquoi les grands maîtres qui pratiquent mushotoku, quand ils deviennent vieux comme Dogen ou Nagarajuna, traitent-ils le kesa comme un objet de vénération, l'étudient-ils et écrivent-ils des livres à son sujet?

Réponse :

Le kesa est l'essence du bouddhisme, le symbole du Bouddha. Bouddha fit une conférence où il réunit tous ses disciples, à la fin il tourna une fleur dans sa main, personne ne comprit sauf Mahakashyapa qui sourit. C'est à lui que Bouddha transmit son kesa car il avait compris son esprit, il lui transmit son kesa en tant que symbole du vrai satori. Des symboles visibles et matériels du dharma sont nécessaires. Shiki soku ze ku, ku soku ze shiki. Le vide devient forme et vice versa, Kesa est le plus haut symbole matériel.Au Japon les moines maintenant ne se rasent plus et ne revêtent presque plus le kolomo. Ils l'apportent pour les cérémonies dans un sac comme des acteurs. La séparation entre le vulgaire et le sacré reste le rakusu ou le kesa. C'est le symbole de la sangha.Si je meurs, il n'est pas nécessaire de respecter ma personne mais mon kesa qui est mon véritable esprit, mon satori, le dharma lui-même. Etudier le kesa est un grand koan, c'est l'essence fondamentale de l'enseignement transmis, même si la forme et la couleur ont changé au cours des temps.

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Question :

Quelle est l'importance du Maître dans le zen?Un disciple peut-il tenir un dojo?

Réponse :

S'il n'y a pas de Maître, le disciple est comme un aveugle qui marcherait sans personne pour le conduire. Dogen a écrit sur l'absolue nécessité d'un Maître. Si vous faisiez zazen sans Maître, vous vous tromperiez. Si vous vous trompez, vous devenez fou, ou névrosé. Pour les débutants, c'est très difficile et puis ils ne comprennent pas. Vous avez appris ce qu'est la conscience, selon Maître Dogen. J'ai expliqué jusqu'à aujourd'hui ce dont il s'agit. Si vous suivez un Maître, vous devenez de plus en plus profond. Les disciples qui me suivent depuis longtemps comprennent à force d'écouter mes conférences et deviennent de plus en plus profonds. Les disciples ont le droit d'ouvrir un dojo si je leur en donne la permission. Ils représentent le Maître.

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Question :

Quelle est l'importance du dojo? Est-ce juste pour voir le Maître?

Réponse :

Pourquoi seulement le Maître? Je fais zazen tout seul moi-même. Il n'y a qu'un Maître. Il y a beaucoup d'élèves. Vous et moi et tout le monde. Le Maître est seul et il y a beaucoup de disciples. J'ai besoin de chacun de vous. Ne faites pas attention aux autres. Seulement vous et moi. Mais moi, je dois voir tout le monde et vous, vous ne regardez que moi. C'est difficile de faire zazen seul chez vous, car je ne peux pas aller chez vous. Je comprends votre question. L'atmosphère est très impor-tante. Il y a une interdépendance entre tous ceux qui pratiquent, une influence mutuelle. Si vous êtes seul, si je suis seul ici, l'atmosphère serait différente.Dans une cheminée, s'il n'y a qu'une seule bûche, le feu n'est pas fort. S'il y a beaucoup de bois, le feu prend très fortement. Aujourd'hui, il y avait une atmosphère très forte et il brûlait beaucoup de bûches. Le feu était merveilleux. D'où l'importance du dojo. Vous pouvez y ressentir une grande activité, mais c'est inconscient. Pas la peine de penser «J'influence les autres, je reçois l'influence des autres. » Cela se fait inconsciemment. Si vous ne voulez pas faire zazen, cela ne m'intéresse pas. Si vous voulez, vous suivez la vie cosmique et je vous suis. Si personne ne venait, certains peut-être continueraient chez eux, mais je ne pourrais pas faire zazen, ce serait difficile pour moi. Cela fait quarante ans que je fais zazen. J'ai essayé de pratiquer seul. Je le faisais pendant un mois ou deux mois. Je suis très honnête et j'aime beaucoup zazen, mais c'était très difficile.Quelquefois, dans ma chambre, quand j'ai écrit, je fais zazen inconsciemment, face à mon bureau. Si vous allez inconsciemment au dojo vous suivez l'ordre cosmique.

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Question :

Quand on veut pratiquer zazen, a-t-on toujours besoin d'un Maître?

Réponse :

Oui, au commencement c'est nécessaire. Un Maître juste. Si vous suivez un aveugle, il ne va nulle part et à la fin vous tombez dans le ravin. Sans un Maître vous ne pouvez pas suivre la Voie. Si vous voulez la vraie Voie, le Maître est nécessaire. A mes disciples aussi, je montre la direction de la Voie qui est difficile. S'ils ne me regardent pas ils se trompent de direction. Sans Maître on ne peut conserver une posture, une respiration et un état d'esprit justes pendant longtemps. En zazen on se lève dès qu'on a mal «Aujourd'hui est un mauvais jour, demain peut-être...Avec le Maître vous devez et vous pouvez suivre. Même si vous ne voulez pas faire le samu, vous suivez grâce à l'interdépendance — Maître-amis-frères et sœurs de la sainte sangha. Seul c'est difficile. Même Mahakashyapa a suivi le Bouddha, il a eu besoin de lui. Si vous voulez comprendre la vraie Voie, le vrai zen, un vrai Maître est nécessaire.

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Question :

Dans les temps modernes où les gens sont plutôt faibles un Maître zen peut-il trouver de forts et vrais disciples?

Réponse :

C'est très facile car les gens sont, très intelligents. Bien sûr, les temps ont changé et la situation dans les grandes villes, comme Paris, n'est pas la même que dans les campagnes. L'éducation est différente, spécifique au lieu comme à l'époque. Les disciples évoluent sans cesse.Vous êtes ici, et vous êtes sûrement sincères, honnêtes et bons. Je le pense. Le kyosaku n'est donc pas nécessaire, je ne veux pas m'en servir. L'éducation par le kyosaku n'est pas la meilleure.Dans la Chine ancienne, on enseignait seulement par ce bâton. On ne se servait pas de la parole. L'école de Maître Umon fut appelée «École kyosaku» parce qu'il ne parlait jamais et utilisa uniquement le bâton jusqu'à sa mort (il était lui-même surnommé le « Maître Bâton ». Ce fut une école influente où les disciples devenaient vraiment forts. Les questions, très profondes, étaient sélectionnées et, pour les poser au Maître, il fallait recevoir le bâton. Chaque erreur occasionnait un coup.

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Question :

Le zen tend à se répandre. De nombreuses personnes, y compris des chrétiens fervents, cherchent à le pratiquer. Comment répondre à ce besoin sans risquer de tomber dans un zen dénaturé? Vous-même êtes seul à votre niveau et ne pouvez être partout: qui peut être qualifié pour aider?

Réponse :

Mes disciples aident, suivent mon enseignement. Les vrais disciples suivent toujours l'enseignement, sans dévier. Le temps aidera aussi, le temps apportera des solutions.Les erreurs s'éliminent. La Vérité est éternelle.Une cinquantaine de mes disciples ont compris ce qu'est le vrai zen et, spécialement à mon dojo, une dizaine environ ont une connaissance absolument précise de mon enseignement du zazen, ils peuvent me représenter et continuer mon éducation. Ce nombre s'accroît sans cesse et ainsi la transmission de mon enseignement de la pratique du zen peut se faire sans trop de difficultés; de nouveaux groupes peuvent se créer, sans que l'esprit soit dénaturé, ni la rigueur de la posture déviée.

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Question :

Comment savoir si on comprend le zen?

Réponse :

C'est le Maître qui doit certifier l'authenticité de votre compréhension. Car si vous vous certifiez par vous-même, cela n'est pas vraie compréhension.La certification subjective de vous-même et la compréhension objective par le Maître sont nécessaires. On se dit «Je comprends, je comprends... » L'homme veut toujours créer ses catégories et, parfois, il se trompe. C'est pourquoi les mots sont nécessaires.Dans le Rinzaï, l'éducation est très sévère. Dans le Soto, elle n'est pas difficile. On comprend ou on ne comprend pas. Moi-même, pendant vingt ans, je posais des questions à mon Maître qui me répondait: «Faites seulement zazen... Shikantaza. »Dans le Rinzaï, il y a des mots, des koans, des discussions sur les koans et le Maître certifie. Dans le Soto, pas tellement. Mais une authentification par le Maître est nécessaire.Pour les débutants, seule la pratique de zazen est importante. Ne faites pas de catégories avec votre propre conscience; vous êtes trop intelligent pour cela.Le zen, c'est comprendre avec son corps et le Maître, à ce moment-là, certifiera le disciple qui comprend profondément plus que les autres. Mais si la vie quotidienne est mauvaise, c'est qu'il y a une erreur et que son esprit se trompe.

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Question :

Obaku, Muso et d'autres grands Maîtres du zen ont souvent dit que la compréhension intellectuelle du zen est un obstacle à sa compréhension réelle. Conseillez-vous ou non de lire? Est-ce dangereux?

Réponse :

Ce n'est pas mauvais, mais il ne faut pas faire d'erreurs.Lire parfois est une bonne chose. En ne faisant que zazen, vous ne pouvez pas progresser dans votre savoir; il faut lire des livres, mais bien les choisir.Il ne faut pas confondre la lune avec le doigt qui la montre. Tosan a brûlé tous ses livres! Il était peut-être trop passionné. C'est une forte décision de son esprit. Si on lit trop, on devient faible et on hésite toujours. Mais Tosan connaissait tout. Il avait trop de savoir. Alors, il a tout fait brûler et n'a plus fait que zazen...

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Question :

Comment savons-nous que nous faisons une erreur?

Réponse :

Je ne sais pas. Vous devez le comprendre par vous-même. Réfléchir est le mieux. Vous ne pourrez le savoir par des moyens extérieurs. C'est facile de mentir aux autres, mais à soi-même c'est très difficile!

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Question :

Utilise-t-on les koans dans le Soto Zen?

Réponse :

Tout est koan. Ce n'est pas du théâtre. Le Maître doit créer les questions : Qu'est-ce que ku, mu? Quelle est la nature originelle? Mais après cela devient du théâtre. Le disciple comprend par les livres, et ce n'est pas du tout effectif dans l'enseignement Rinzaï.Dans le Soto Zen, l'éducateur passe aussi par des koans. Aussi «ici et maintenant» est très important. Mais il ne s'agit pas d'un examen universitaire. Ne sont posés que des problèmes réels de la vie quotidienne. Vous souffrez, vous êtes anxieux. Vous n'êtes pas satisfait, vous posez des questions. Et le Maître répond.Et la réponse devient koan. J'explique longuement et les gens comprennent. La réponse devient une question qui est un koan. Ma réponse est devenue votre koan. C'est plus efficace.Vous ne devez pas faire de catégories.Actuellement, dans le Rinzaï, cela devient du formalisme. Mais les grands Maîtres Rinzaï n'utilisaient pas les koans. Seulement les petits Maîtres qui lisent la question avant zazen et les disciples doivent y penser pendant zazen. Durant zazen, le vrai Maître dit : «Vous ne devez pas penser avec votre cerveau, mais avec votre corps. »Avec un koan, on pense avec son cerveau.La vie quotidienne est un koan. «Bonjour, comment ça va? » devient un koan. Je dis aussi «menton rentré, belle posture », c'est un koan. Tendre les hanches, c'est un koan.Pendant zazen, vous ne devez pas penser avec le cerveau. La conscience de chacun est illimitée, infinie. Vous devez laisser passer les pensées qui, à la fin, s épuisent d'elles-mêmes, et vous pouvez alors penser inconsciemment.A l'heure actuelle, on pense trop, on est trop compliqué. Après zazen le visage a changé et, si on continue zazen, on devient souriant.Après six mois, un an de pratique, tout est complètement différent. On devient léger, libre, pas compliqué. Le karma s'épuise.

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Question :

A quoi sert un koan?

Réponse :

Ce sont les paroles du Maître, l'éducation par des mots très simples que le disciple doit comprendre par son intuition, et non par son cerveau ou son savoir.Dans l'école Rinzai on a fait des koans une technique formaliste, les réponses sont dans des livres!Un disciple s'était rendu un jour dans la chambre de mon Maître Kodo Sawaki, pour s'entretenir d'un sujet qui le tourmentait.«— S'il vous plaît, révélez-moi l'Essence du zen, la nature de Bouddha, demanda-t-il.— A qui donc dois-je dire cela? répondit Sawaki.— Dites-le-moi, c'est une question qui me tourmente. — A vous! et il éclata de rire — A vous, mais vous n 'êtes rien, vous n'avez absolument aucune importance. »C'est cela un véritable koan. Le rugissement d'un lion dans l'oreille d'un poulet.Pas de questions?(Silence.)Alors, tout le monde a le satori!

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